comment créer son jardin étape par étape, du terrain nu aux premières fleurs
· par Enzo Bechelli, jardinier paysagiste à La Motte
Un jardin réussi ne commence pas à la jardinerie mais sur le terrain. Observer, dessiner, préparer, puis seulement planter : la méthode dans le bon ordre, pensée pour le climat du Var.
l'essentiel en cinq phrases
Pour créer son jardin étape par étape, on commence par observer le terrain : soleil, sol, vent et trajet de l'eau après la pluie. On liste ensuite ses usages (vivre dehors, cultiver, regarder) et on les place sur un plan simple, avant de préparer le sol par le débroussaillage et le terrassement. Les ouvrages qui structurent le jardin, allées, murets et réseaux d'arrosage, se réalisent avant toute plantation. Dans le Var, on choisit des arbres et des arbustes adaptés à la sécheresse et au calcaire, plantés de préférence à l'automne puis paillés aussitôt. Les deux premiers étés demandent un arrosage profond et espacé, après quoi le jardin devient bien plus autonome.
étape 1 : observer le terrain avant de rêver le jardin
soleil, sol, vent et eau : ce qui est déjà là
La tentation est grande de commencer par les plantes. Pourtant, un jardin qui tient dans le Var est d'abord un jardin pensé pour son terrain. Avant de dessiner quoi que ce soit, prenez le temps de regarder ce que vous avez. Où tombe le soleil le matin, à midi, en fin d'après-midi ? Quelles zones restent à l'ombre de la maison ou d'un grand pin ? D'où vient le vent, en particulier le mistral qui dessèche tout sur son passage ?
Le sol mérite la même attention. Prenez une bêche et creusez à quelques endroits. Une terre argileuse colle aux doigts et se fend en été ; une terre caillouteuse et calcaire draine vite mais retient peu ; une roche qui affleure à quelques centimètres limitera ce que vous pourrez planter. Après une construction neuve, le sol est souvent tassé par les engins et mélangé à des gravats : c'est un point à repérer très tôt.
Enfin, observez le terrain après une grosse pluie d'automne. Les zones où l'eau stagne, celles où elle ruisselle et creuse, celles qui sèchent en quelques heures : tout cela dicte la suite. Notez aussi les vues à garder, une vallée, un village perché, et celles à cacher, une route, un voisin trop proche.

étapes
étape 2 : définir comment vous allez vivre le jardin
un jardin se dessine à partir de ses usages
Un même terrain peut devenir dix jardins différents. Ce qui fait la différence, c'est la façon dont vous voulez en profiter. Prenez une feuille et écrivez tout : repas dehors, jeux des enfants, chien qui court, potager, piscine existante ou à venir, envie de calme ou de recevoir. Trois grandes familles d'usages reviennent presque toujours.
vivre dehors
Une terrasse à l'ombre, une table pour l'été, un coin où lire : ces espaces se placent près de la maison, à plat, et se protègent du soleil de l'après-midi.
cultiver
Potager, aromatiques, quelques fruitiers : il leur faut le meilleur sol, du soleil et un point d'eau à proximité. On les installe là où l'on passe tous les jours.
regarder
Massifs, haie fleurie, vue dégagée sur la vallée : la partie décorative du jardin. On la pense pour être belle depuis la maison, avec un entretien raisonnable.
Soyez aussi honnête sur le temps que vous voulez consacrer à l'entretien. Un jardin de massifs taillés et de pelouse demande des passages réguliers ; un jardin sec, paillé et planté d'espèces de garrigue se contente de quelques interventions par an. Ce choix, fait dès le départ, oriente toutes les décisions suivantes : surfaces, plantes, arrosage. Il évite surtout de créer un jardin magnifique la première année, puis impossible à suivre.

étape 3 : dessiner un plan simple, à l'échelle
Pas besoin d'un logiciel : une vue du cadastre ou une feuille quadrillée suffit. Reportez la maison, les limites du terrain, les arbres à conserver, les regards et les réseaux enterrés, puis la course du soleil et les zones humides repérées à l'étape 1. Ensuite, placez vos usages par grandes taches : la terrasse près de la cuisine, le potager au soleil, la haie côté route.
Tracez alors les circulations. Une allée doit mener quelque part : du portail à la porte, de la terrasse au potager, du garage au local technique. Les chemins que vous empruntez tous les jours méritent un vrai revêtement ; les autres peuvent rester en pas japonais ou en herbe. Pensez à la largeur : une brouette, une tondeuse et deux personnes côte à côte n'ont pas les mêmes besoins.
Enfin, réservez la place des arbres en pensant à leur taille adulte, pas à celle du pot. Un olivier planté trop près d'un mur ou d'une piscine devient un problème dix ans plus tard. Le plan peut être réalisé en plusieurs fois, mais il doit exister en entier dès le départ.
Un terrain à imaginer ? Enzo vient le voir et vous propose un aménagement.
étape 4 : préparer le terrain, de la broussaille à la bonne terre
La préparation est l'étape la moins spectaculaire et la plus déterminante. Tout commence par le dégagement : débroussailler, arracher les souches, retirer les gravats laissés par le chantier de la maison. Sur un terrain longtemps abandonné, on découvre souvent à ce moment sa forme réelle, avec parfois d'anciennes restanques cachées sous les ronces.
Vient ensuite le terrassement. On décaisse là où passeront les allées et les terrasses, on remet à niveau les zones qui doivent être planes, on donne une légère pente pour que l'eau s'écoule loin de la maison. Sur un terrain incliné, on travaille toujours du haut vers le bas, pour ne pas abîmer ce qui a déjà été fait.
Enfin, on s'occupe de la terre des futures plantations. Un sol compacté par les engins doit être décompacté en profondeur ; une terre trop pauvre s'enrichit de compost ; une terre trop lourde s'allège. Inutile en revanche de vouloir transformer un sol calcaire varois en terre de bruyère : mieux vaut choisir des plantes qui l'aiment tel qu'il est.
Terrain débroussaillé et fauché autour de La Motte

étape 5 : allées, murets et bordures avant les plantes
C'est la règle que l'on oublie le plus souvent : les ouvrages se font avant les plantations. Monter un muret ou poser une allée au milieu de massifs fraîchement plantés, c'est piétiner les racines, salir les feuillages et devoir tout reprendre. Les éléments durs dessinent le jardin ; les plantes viennent ensuite l'habiller.
Pour une allée en gravier, le principe est toujours le même : le sol est décaissé et mis à niveau, une toile géotextile est posée pour limiter les mauvaises herbes, puis le gravier est étalé et réglé. Des bordures en pierre, en acier ou en bois tiennent le gravier en place et marquent la limite nette avec les massifs. Les murets en pierre ou en agglo, eux, créent des niveaux, retiennent la terre d'un talus ou délimitent un coin terrasse.
Confier terrassement, maçonnerie et plantation à un même interlocuteur évite les mauvaises surprises : le maçon qui ne sait pas où passera l'arrosage, le jardinier qui découvre un muret mal placé. C'est ce que fait Bechelli Jardin, de la première pelletée au dernier arbuste.

étape 6 : penser l'eau dès le départ
trop en automne, pas assez en été
Dans le Var, l'eau pose deux problèmes opposés. Les orages d'automne déversent en quelques heures des pluies violentes qui ravinent les terres nues ; les étés secs et chauds mettent les jeunes plantations à rude épreuve. Un jardin bien créé règle les deux en même temps, avec quatre principes.
observer
Où l'eau stagne-t-elle après un orage ? Par où ruisselle-t-elle ? Ce trajet décide de la place des allées, des massifs et des éventuels drains.
regrouper
On rassemble les plantes qui ont les mêmes besoins. Les plus gourmandes près de la maison, les plus sobres en limite de terrain, là où l'on arrose le moins.
enterrer
Un goutte-à-goutte ou des tuyaux se posent avant les plantations et avant le paillage. Le faire après oblige à tout déplacer.
garder
Un sol paillé et planté garde l'humidité bien plus longtemps qu'une terre nue. C'est autant d'arrosage en moins pendant l'été varois.
Le goutte-à-goutte reste la solution la plus économe pour les massifs et les haies : l'eau arrive au pied de chaque plante, sans arroser les allées ni s'évaporer en plein soleil. Un programmateur permet d'arroser tôt le matin ou la nuit. Et si la configuration du terrain le permet, récupérer l'eau des toitures dans une cuve offre une réserve précieuse pour les premiers étés.

étape 7 : choisir des plantes faites pour le Var
Le choix des végétaux se fait dans l'ordre des tailles : d'abord les arbres, qui structurent le jardin pour des décennies, puis la haie, les arbustes, et enfin les couvre-sols. Pour chaque plante, trois questions : supporte-t-elle le plein soleil et la sécheresse estivale ? Aime-t-elle un sol calcaire ? Quelle place occupera-t-elle dans dix ans ?
les arbres
Olivier, figuier, amandier : ils donnent l'ombre et la silhouette du jardin. On les choisit en premier et on les place en pensant à leur taille adulte.
la haie
Elle protège du vent, des regards et de la route. Une haie mixte, avec plusieurs espèces, résiste mieux aux maladies et reste belle toute l'année.
les arbustes secs
Cistes, lavandes, sauges, romarins : la garrigue fournit des arbustes qui supportent la chaleur, la sécheresse et le sol calcaire.
les couvre-sols
Thym, romarin rampant, plantes tapissantes : ils couvrent la terre entre les arbustes et limitent les mauvaises herbes sans tonte.
Un conseil de terrain : préférez des sujets jeunes à de gros sujets en conteneur. Ils coûtent moins cher, reprennent mieux et rattrapent souvent les grands en trois ou quatre ans, parce que leurs racines s'installent directement dans votre sol. Et plantez plusieurs exemplaires d'une même espèce plutôt qu'un échantillon de tout : le jardin y gagne en cohérence et en lisibilité.
étape 8 : planter au bon moment et dans les règles
Dans le Var, l'automne est la saison reine des plantations. La terre est encore chaude, les pluies reviennent, et les racines ont tout l'hiver pour s'installer avant le premier été.
La fin d'hiver convient aussi, mais les plantes auront moins de temps pour s'enraciner avant la chaleur et demanderont plus d'arrosage. On évite en revanche de planter en plein été ou pendant une période de gel. Avant de commencer, posez les plantes encore en pot sur leur emplacement, selon le plan : c'est le moment de corriger un espacement ou d'inverser deux sujets.
Le trou de plantation doit être large, deux à trois fois le volume de la motte, et ses parois griffées pour que les racines ne tournent pas en rond dans une terre lissée. Faites tremper la motte dans un seau d'eau avant de la mettre en place, et démêlez les racines qui s'enroulent au fond du pot.
Le collet, la jonction entre racines et tronc, reste au niveau du sol : ni enterré, ni déchaussé. On rebouche avec la terre du trou, éventuellement enrichie, on tasse doucement, puis on forme autour du pied une petite cuvette qui retiendra l'eau d'arrosage. Les arbres reçoivent un tuteur, placé du côté du vent dominant.
Le premier arrosage est généreux, même par temps pluvieux : il chasse les poches d'air et met la terre en contact avec les racines. L'ordre de plantation suit la même logique que le choix : arbres d'abord, haie ensuite, puis arbustes, et couvre-sols pour finir. Ainsi, on ne piétine jamais ce qui vient d'être planté.

étape 9 : pailler et soigner les finitions
Une plantation n'est pas terminée tant qu'elle n'est pas paillée. Sous le soleil varois, une terre nue sèche en quelques jours, se croûte en surface et laisse pousser les mauvaises herbes. Une couche de paillage de plusieurs centimètres garde l'humidité, protège les racines de la chaleur et limite le désherbage.
Écorces, broyat de branches, paillettes de lin pour les massifs fleuris ; gravier, galets ou pouzzolane pour un jardin sec plus minéral. Dans tous les cas, on laisse un petit espace libre autour du collet de chaque plante pour éviter qu'il ne pourrisse.
Les finitions font ensuite la différence : bordures nettes entre gravier et massifs, allées réglées, terre propre au pied des murets, déchets de chantier évacués. C'est ce soin du détail qui donne, dès le premier jour, l'impression d'un jardin dessiné plutôt que d'un terrain planté.
étape 10 : accompagner le jardin pendant ses premières années
Un jardin neuf est un jardin fragile. Les deux premiers étés sont décisifs : les racines n'ont pas encore exploré le sol en profondeur et dépendent de vous. La bonne méthode consiste à arroser profondément mais de façon espacée, plutôt qu'un peu chaque jour. Les racines descendent alors chercher l'humidité, et la plante devient plus autonome d'année en année.
Au printemps, on recharge le paillage là où il s'est tassé, on retire les herbes indésirables avant qu'elles ne montent en graines et on vérifie les tuteurs. Les premières tailles de formation donnent leur silhouette aux arbustes et à la haie. Avant l'été, un débroussaillage des abords limite le risque d'incendie, une obligation dans de nombreuses communes du Var.
Une fois le jardin créé, Bechelli Jardin peut aussi s'occuper de son entretien : la même personne qui l'a conçu le suit au fil des saisons et connaît chaque plante.
Un jardin à créer autour de La Motte ? Décrivez votre terrain.

questions fréquentes
créer son jardin étape par étape
Par quoi commencer quand on crée son jardin ?
Par l'observation du terrain : exposition au soleil, nature du sol, trajet de l'eau après la pluie, vues à garder ou à cacher. Ensuite viennent la liste de vos usages et un plan simple. On ne plante qu'à la fin, une fois le terrain préparé, les allées et les murets réalisés.
Dans quel ordre faire les travaux d'un jardin ?
Débroussaillage et nettoyage, terrassement et mise à niveau, réseaux d'arrosage, ouvrages (murets, bordures, allées), préparation de la terre, plantation des arbres puis des arbustes et des couvre-sols, et enfin le paillage. Cet ordre évite d'abîmer ce qui vient d'être fait.
Quelle est la meilleure saison pour créer un jardin dans le Var ?
L'automne est la saison idéale pour planter : la terre est encore chaude et les pluies aident les racines à s'installer avant l'été. La fin d'hiver convient aussi. Le terrassement et la maçonnerie peuvent se faire une bonne partie de l'année, en évitant les périodes de fortes pluies.
Faut-il refaire tout le jardin d'un coup ?
Non. On peut dessiner l'ensemble puis réaliser le jardin par étapes : d'abord la structure (allées, murets, arbres), ensuite les massifs. L'important est d'avoir un plan global pour que chaque tranche s'accorde avec la suivante.
Peut-on avoir une pelouse dans un jardin méditerranéen ?
Oui, sur une surface limitée et bien placée, là où on l'utilise vraiment. Une grande pelouse demande beaucoup d'eau en été dans le Var. Les couvre-sols, les massifs paillés et le gravier sont de bonnes alternatives pour le reste du terrain.
Combien de temps faut-il pour qu'un jardin neuf soit beau ?
Les arbustes de garrigue se rejoignent en deux à trois saisons. Les arbres demandent plus de patience. Un jardin bien préparé et bien paillé donne une impression d'ensemble dès la première année, et prend toute son ampleur ensuite.
Dans quelles communes Bechelli Jardin crée-t-il des jardins ?
Bechelli Jardin intervient dans un rayon de 50 km autour de La Motte : Draguignan, Le Muy, Les Arcs-sur-Argens, Trans-en-Provence, Lorgues, Vidauban, Fréjus, Saint-Raphaël, Sainte-Maxime, Fayence et les communes alentour.
Une autre question sur votre projet de jardin ? Enzo vous répond directement.
d'autres lectures pour votre jardin
Une fois le jardin créé, il faut le faire vivre : retrouvez dans le journal comment entretenir un jardin méditerranéen, puis découvrez la création de jardin, le terrassement et la petite maçonnerie tels qu'Enzo les pratique autour de La Motte.

